Les sections droites en profil mince ont déjà été définies dans le chapitre sur la torsion. On utilise ici les mêmes notations.
Pour approximer le champ des contraintes tangentielles dues à l'effort
tranchant dans une section en profil mince, on utilise encore les
propriétés du champ
établies dans le problème
de Saint-Venant, suivant une démarche semblable à l'approximation
de Bredt. Mais ici, la coupure AA' est perpendiculaire à la ligne
de profil (voir figure 8.2).
On suppose comme dans l'approximation de Bredt pour les sections
quelconques,
que la contrainte tangentielle
est parallèle
à
u et qu'elle est constante dans l'épaisseur du
profil
8.4.
Le flux de la contrainte tangentielle
à travers
la coupure AA' est donc
Il suffit d'appliquer la propriété du flux de
sur
la portion de section S* de la figure 8.3 :
On obtient :
et donc :
évolue en fonction de l'abscisse curviligne ucar les moments statiques
et
varient avec la position de
la coupure AA'.
Il est à noter que pour les profils minces, le calcul des moments statiques
peut se ramener à une intégrale simple :
De même,
Une fois les contraintes tangentielles calculées, on peut alors calculer leur moment résultant Mt en G et en déduire la position du centre de cisaillement. On peut alors déduire les contraintes et les déplacements dus à -Mt.
De la même manière qu'en torsion, la ligne de profil est un graphe
composé de branches reliant des n
uds (figure 8.4).
Puisque les contraintes tangentielles dans la section droite sont
constantes dans l'épaisseur de chaque branche, on peut raisonner sur les
flux de
à travers les coupures.
On considère une branche AB et on choisit pour S* la portion de section
droite qui recouvre la branche entre ses deux n
uds. Pour la branche AB,
la loi de flux de
sur
s'écrit :
En écrivant cette relation pour chaque branche, on obtient les relations entre les << flux d'entrée >> et les << flux de sortie>> de chaque branche.
On considère maintenant un n
ud C et on choisit pour S* la portion
de section droite qui raccorde les branches qui aboutissent au n
ud. La
section étant en profil mince, l'aire de S* est de l'ordre de e2,
donc négligeable, et ses moments statiques sont nuls. La loi de flux de
sur
s'écrit :
Le produit scalaire
vaut respectivement
+1 ou -1 selon que
u est sortant ou entrant.
On peut écrire ces relations pour tous les n
uds
8.5.
Pour clore la détermination des flux, il faut utiliser la seconde
propriété du champ des contraintes tangentielles : la propriété de
circulation de
le long d'une courbe fermée
,
qu'on rappelle ici :
On choisit pour S* la portion de section droite délimitée par une
ligne fermée tracée sur la ligne de profil entourant un << trou >>.
S* a donc un contour extérieur
(sur la ligne de profil)
et un contour intérieur
(le contour du trou).
En appliquant la propriété de circulation sur S*, on obtient :
L'ensemble des équations précédentes (lois des branches, lois des n
uds
et loi de mailles) forme un système d'équations linéaire où
les inconnues sont les contraintes tangentielles (ou les flux) à
l'entrée et à la sortie de chaque branche. On en déduit les
contraintes tangentielles à l'entrée et à la sortie de chaque branche.
On peut alors calculer la contrainte tangentielle en tout point d'une branche en appliquant la loi des branches sur un S* compris entre l'entrée de la branche et une coupure quelconque dans la branche.